C comme Courage !

Les motivations qui poussent nos ancêtres à tout quitter pour reconstruire une vie de l’autre côté de la terre sont bien sûr variées et complexes. Mes Lombard n’échappent pas à la règle et, quoi que j’en rêve, je ne suis pas dans leur tête pour cerner avec exactitude les raisons qui les ont poussés à sauter le pas.

Mais l’envie de partir croît toujours sur un terreau d’insatisfaction, conjugué à l’espérance d’un ailleurs plus favorable. N’empêche… Mettre en mouvement une famille au grand complet, du bébé au grand-père, demande une sérieuse préparation et un courage à toute épreuve.

Le monde qu’ils laissent

Si l’on choisit d’en croire le bon docteur Muston, qui a tant écrit sur le village (lien vers la réf), « Le règne de Louis-Philippe n’a été pour Beaucourt qu’une longue période de paix et de prospérité« . C’est d’ailleurs assez mesurer l’instabilité de l’époque si l’on songe que ce qu’il qualifie de longue période court… de 1830 à 1848 !

Il raconte la bonne marche des affaires dans l’environnement favorable de la monarchie de juillet, la construction des belles demeures pour les frères Japy, celle de l’hôtel particulier à Paris; les fêtes qui émaillaient les dimanches de la famille… Il n’en reste pas moins que, tout à son hagiographie de la dynastie qui lui assure emploi et rémunération, Muston n’exprime que la voix de la bourgeoisie aisée. Pour les autres, entre la crise des subsistances et celle de l’industrie, la décennie 1840 reste bien éprouvante à traverser.

Les difficultés de la vie quotidienne

Malgré des journées de travail de dix à onze heures, six jours par semaine, le niveau des salaires ouvriers est en effet à peine suffisant, en temps normal, pour couvrir les besoins d’une famille. Et surtout, ce qu’on a du mal à réaliser aujourd’hui, c’est que les revenus des classes modestes sont pour une part essentielle consacrés à la nourriture. Alors même si les salaires sont relativement stables, le pouvoir d’achat fait le yoyo en même temps que le prix des denrées alimentaires.

C’est pourquoi les crises des subsistances qui surviennent cycliquement sont une telle catastrophe dans la vie de nos ancêtres pauvres. Et justement, la maladie de la pomme de terre est signalée dans les environs de Belfort en octobre 1845 et se répand ensuite à la vitesse de l’éclair, amputant de plus de la moitié la récolte espérée.

L’Espérance Courrier de Nancy du 9 septembre 1845 – Source : Limedia Kiosque

Évidemment, la spéculation s’en mêle rapidement et les prix explosent, grevant d’autant les budgets modestes pour lesquelles la patate est, avec le pain, une denrée essentielle. Le préfet du Haut-Rhin s’émeut d’ailleurs auprès de son ministre de ces prix excessifs qui mettront bientôt la pomme de terre « hors de portée de la classe ouvrière, situation dramatique dans un département qui compte 80 000 ouvriers de fabrique dont le salaire suffit à peine actuellement à leur procurer des moyens d’existence« .

Mais Paris ne s’émeut guère de cette voix lointaine et les mesures tardent à être prises pour limiter l’accaparement et la spéculation. Le prix des céréales suit bientôt celui des pommes de terre, si bien que les classes modestes, qui vivent habituellement sur le fil du rasoir, ne parviennent plus à se procurer le strict nécessaire pour assurer le quotidien et se retrouvent, encore plus souvent qu’auparavant, happées dans la spirale de l’endettement.

La gestion paternaliste de l’entreprise Japy joua-t-elle un rôle d’amortisseur pour protéger mes protestants francs-comtois ? Cela dût compter bien sûr ; Japy figure d’ailleurs pour 2500 hectolitres de froment dans la liste des chefs d’entreprise partis chercher à l’étranger de quoi approvisionner leurs ouvriers en nourriture. Mais les prix n’en finissent pas de grimper, celui des pommes de terre et du pain bis fait plus que doubler entre 1845 et 1846. Finalement en 1847, froment est remonté au prix faramineux constaté pendant la disette de 1817.

Gazette de Metz et de Lorraine – Source : Limédia Kiosque

Cette crise agricole est d’autant plus difficile à affronter qu’elle se double d’une grave crise industrielle, durement ressentie dans les environs de Belfort et de Montbéliard. Beaucoup d’ouvriers se retrouvent au chômage, ceux qui ont la chance de conserver leur place à la fabrique voient leur temps de travail sérieusement réduit… et le salaire qui va avec, ça va de soi.

Les difficultés culminent pendant l’hiver 46-47 puis la situation semble petit à petit vouloir se stabiliser tout au long de l’année suivante. A Belfort, à l’automne 1847, le kilo de pain bis est revenu à 25 centimes, quasiment son prix d’avant-crise. Le 3 février 1848, le Courrier d’Alsace ose même cette analyse optimiste : « Le dégel commencé depuis lundi est salué par tout le monde comme un évènement heureux, comme la fin d’un hiver aussi rigoureux qu’interminable, comme le terme des grandes misères des classes pauvres. »

La Révolution de 1848

Il était temps de se réjouir de ce retour à des temps plus cléments… La nouvelle de la Révolution de février est accueillie avec stupéfaction dans les campagnes de Franche-Comté : la monarchie est abolie !

A Besançon on brise quelques carreaux aux fenêtres du maire, on arrête quelques manifestants mais ils finissent tout de même par obtenir satisfaction et le conseil municipal s’augmente de nouvelles personnalités républicaines. Après Paris, la République est proclamée avec espoir un peu partout dans les villes de l’Est, tant on veut croire à la survenue d’un nouvel âge d’or.

Lamartine devant l’Hôtel de Ville, 25 février 1848 – Henri Félix Philippoteaux – Source : Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris

Cependant la crise sociale et économique est loin d’être terminée. L’agitation croît partout en France, et surtout dans la capitale. C’est ce que les industriels redoutent par-dessus tout, d’autant que la population ouvrière démontre, pour la première fois, sa capacité de mobilisation. Les affaires commerciales ralentissent et le travail à leur suite. Bientôt la fabrique Japy ne marche plus qu’aux trois quarts de la journée, puis à la demi-journée, et enfin au quart de journée.

Dans quelle mesure les difficultés économiques et l’instabilité politique ont-elles encouragé les Lombard à embarquer pour l’Amérique ? Il est certain qu’ils n’étaient pas dans la précarité la plus extrême car bien qu’ils soient dans une situation plutôt modeste, ils ne se retrouveront pas sans rien à la Nouvelle-Orléans. Cependant toute cette branche de mes francs-comtois ne vivait pas dans l’aisance, comme en témoigne l’absence quasi systématique de succession lors des décès. Les futurs voyageurs ne devaient donc guère avoir de poire pour la soif et étaient probablement relativement exposés aux aléas de la vie quotidienne.

Le monde qui les attire

Les Francs-Comtois sont gens des lisières, habitués ne pas considérer la frontière comme un obstacle insurmontable. Elle se passe facilement quand il s’agit d’aller travailler en Suisse ou d’en faire venir les spécialistes dont on a besoin, notamment dans le travail du métal et de la mécanique de précision. Catherine, l’aînée de Jean Baptiste, a épousé le fils d’un Allemand et d’un Suisse ; sa fille après elle épousera le petit-fils d’un Suisse, lui-même issu d’un Anglais.

Ça ne fait pas d’eux des voyageurs au long cours mais tout de même, on est accoutumé à l’ailleurs dans ce pays frontalier ; c’est particulièrement vrai ici, dans l’ancienne seigneurie de Blamont, où l’identité française est encore une construction récente. Car ce n’est qu’en 1793, à peine plus d’un demi-siècle auparavant, que la principauté de Montbéliard a quitté la tutelle des princes de Wurtenberg pour tomber dans l’escarcelle de la France, alors en pleine Révolution.

L’Amérique dans la presse

Ils ont évidemment le même attachement à la terre natale que partout ailleurs, mais en tout cas, l’étranger ne les effraie pas. Et puis ils en voient tant passer, de ces émigrants venant de plus loin à l’Est pour rejoindre le Havre et continuer leur transhumance par-delà l’Océan !

L’Indépendant de la Moselle dans les années 1840 – Source : Limedia Kiosque

On en parle dans le pays. Il y a aussi la presse qui s’en fait régulièrement l’écho, mais elle décrit rarement l’aventure de l’émigration sous des jours riants. Elle ne manque jamais de se faire l’écho des naufrages lorsqu’ils surviennent, elle évoque des hordes de malheureux poussés par la misère à s’arracher de chez eux ; d’après les gazetiers, ceux qui partent ne feraient que déplacer leur incapacité à prospérer sur le sol natal. C’est qu’il ne faudrait pas trop encourager les forces vives de la Nation à exporter sous d’autres cieux leurs bras et leur capacité de travail !

Ainsi le Magasin Pittoresque, en 1861, quand il s’agit de broder sur une gravure de Schuler représentant des émigrants alsaciens tout juste débarqués sur le quai de destination :

À les regarder groupés si près les uns des autres parmi leurs pauvres bagages, on devine leurs regrets, leurs doutes, leurs craintes ; le cœur se serre. (…) Deux vieillards, assis à côté l’un de l’autre, n’inspirent pas moins de pitié. A leur âge, avoir abandonné à jamais un foyer pour s’en aller chercher un morceau de pain sous un ciel inconnu ! Quelle extrême misère les a donc si impitoyablement chassés ? (…)

Une santé vigoureuse, un cœur fort, une volonté énergique, et un capital en argent proportionné non-seulement à la longueur du voyage qu’on veut entreprendre, mais encore aux rudes et longues épreuves qu’on doit toujours attendre à rencontrer sur une terre étrangère, sont absolument nécessaires. En somme, les qualités indispensables à l’émigrant sont telles que celui qui les possède n’a pas besoin, le plus souvent, de s’exiler pour réussir.

Émigrants alsaciens, gravure de Théophile Schuler – Source Gallica

Mais ces derniers mois, le ton change avec la découverte de l’or californien. Voici que désormais, les journaux commencent à parler de l’Amérique comme d’un pays de cocagne. On peut vraiment faire fortune en traversant l’Atlantique !

Bref, en bien ou en mal, on entend parler du Nouveau Monde. Cependant les gazettes ne sont pas forcément lues, ou pas forcément crues ; on reste circonspect face à l’emballement médiatique, dans un sens comme dans l’autre. Ce qui marque véritablement les esprits, ce sont les récits des proches, relations ou familles, qui ont déjà tenté l’aventure. On se fie plus volontiers à eux qu’aux échotiers.

Les nouvelles reçues des proches

Il y a ceux qui sont revenus, comme cet agriculteur de Beaucourt, Pierre Frédéric Monnin, qu’on surnomme l’Américain parce qu’il a passé plusieurs années à Cincinnati. Il a fini par rentrer au pays et y épouser, en 1835, une petite-nièce de Georges Cuvier, le célèbre anatomiste montbéliardais.

Mais la famille Lombard est inspirée par des voyageurs qui la touchent de bien plus près encore. Comme l’Américain, Jacques Henri Sircoulomb embarque pour l’Ohio à la fin des années 1830 mais lui, c’est avec femme et enfants. La famille participe à la fondation d’une colonie presbytérienne à Mowristown, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Cincinnati. Elle restera aux Etats-Unis et y fera souche, la première génération s’unissant encore à des compatriotes et les suivantes se diluant très rapidement dans le melting pot américain.

Or ce Jacques Henri est tout bonnement le frère de Catherine Sircoulomb, la seconde épouse de Jean Baptiste dont j’aurai l’occasion de vous reparler. Voilà donc un canal pour recevoir très directement des nouvelles d’Amérique et pour trouver, dans cette correspondance au long cours, matière à se projeter dans un avenir outre-Atlantique.

Vue de Philadelphie, Pennsylvanie, en 1856 – Source : Library of Congress

Encore plus proche ? C’est Georges Frédéric, le premier fils de Jean Baptiste, qui a tenté la grande traversée au début des années 30, en passant d’abord par la Pennsylvanie puis en s’établissant finalement en Louisiane quelques années plus tard. Nul doute donc qu’il ait été une puissante motivation à l’émigration de la famille en 1849 : nous verrons qu’il a probablement préparé son arrivée et tout donne à penser qu’il l’attendait sur les quais de la Nouvelle-Orléans.

Préparer le départ

Finalement, quand les difficultés à vivre sur place se conjuguent à l’espoir qu’une nouvelle vie peut être construite ailleurs, l’idée de se mettre en mouvement prend forme jusqu’à ce que la décision de partir s’impose d’elle-même. C’est le moment de passer aux actes !

Le passeport

Le passeport pour les États-Unis sera supprimé en 1868 mais au moment de son voyage, la famille Lombard est toujours soumise à cette obligation. Il faut se présenter en mairie avec moult papiers timbrés pour justifier qu’on ne doit plus rien ni au percepteur ni à la caisse municipale, qu’on ne part pas sans honorer ses créances privées, qu’on est à jour de ses obligations militaires si l’on est un jeune homme, qu’on n’est pas sous le coup d’une condamnation… Il faut également démontrer que la famille a ce qu’il faut pour vivre le temps d’arriver à destination et pour payer les frais de son voyage. Les autorités sont particulièrement vigilantes à éviter que ne viennent s’entasser dans les grands ports de départ des populations trop pauvres pour poursuivre plus avant dans leur rêve.

Comme tous mes Francs-Comtois, les Lombard vivent un pied dans le Doubs et l’autre dans le Haut-Rhin. Malheureusement, les archives départementales des deux départements, pas plus que celles du Territoire de Belfort, ne conservent la trace de leur demande de passeport. C’est bien dommage, car leur pétition m’aurait peut-être permis de connaître la raison du départ, tout au moins celle qui fut affichée aux autorités.

Un exemple de passeport à l’étranger de 1849 – Source : Archives départementales de la Seine-Maritime 6P6_148

Préparer le voyage vers le Havre

L’obtention du passeport n’est que l’une des multiples démarches à accomplir avant de partir. S’il est bien difficile d’arriver à une certitude absolue sur la manière dont les Lombard ont préparé leur grande aventure, plusieurs raisons me donnent à penser qu’ils ne sont pas partis le nez au vent. D’abord parce que le périple concernait la famille entière et qu’on ne s’organise pas de la même manière quand on voyage en solitaire ou quand on embarque des enfants en bas âge. Ensuite parce qu’ils vivaient une vie stable, le père et le fils depuis longtemps ouvriers spécialisés dans la même entreprise, au sein d’une communauté protestante dont la première des vertus n’est pas l’improvisation. Et puis enfin, la suite de l’histoire nous montrera que sans être fortunés, ils ne sont pas partis sans rien ni poussés par la nécessité de l’extrême pauvreté.

Leur environnement suggère donc que tout en voyageant au plus économique, ils ont probablement mis en place une logistique adaptée à leur projet. Certes les agences d’émigration ne seront officiellement reconnues que quelques années plus tard, avec le décret du 15 janvier 1855. Mais comme l’Alsace, sa voisine immédiate, le pays de Montbéliard est régulièrement traversé par ceux des émigrants venus de Suisse ou d’Allemagne méridionale qui choisissent Le Havre pour embarquer vers l’Amérique. Et puis même si la contribution française est modérée dans le flux de l’émigration européenne, les départements de l’Est y comptent pour une part prépondérante.

Bureau d’émigration dans l’hôtel de l’Ancienne Poste à Belfort, vers 1860
Photo AD90, via le Cartophilion

Une véritable organisation y est donc déjà en place, depuis longtemps, pour faciliter le transit vers la côte. Elle est d’autant plus facilitée que les convois de livraison du coton américain aux filatures alsaciennes doivent faire le trajet retour vers le Havre ; comme pour les navires, il serait de bien mauvaise gestion que ce soit à vide.

Les grandes compagnies maritimes ont donc installé des agents au plus près du besoin et ne se privent pas d’en faire la publicité, autant dans la presse nationale que dans la presse locale. C’est par exemple l’Agence Américaine (tout un programme !) qui propose dans Le Pays, en février 1850, de se charger « de tous envois de marchandises et commissions pour les États-Unis » ainsi que de prendre « fret et passagers » notamment par les paquebots réguliers qui assurent le trajet Le Havre – New-Orléans (sic : le franglais du XIXe siècle).

Cette annonce trouve son pendant dans la presse locale avec celle des Messageries Générales de France publiée dans L’Espérance – Courrier de Nancy à la même époque ; elle reprend la publicité pour la ligne de la Nouvelle-Orléans et la complète en assurant aux candidats à l’émigration qu’ils trouveront sur toute la route aide et protection; il en sera de même à bord de chaque navire.

Bientôt les agents d’émigration traiteront directement avec les compagnies de chemin de fer pour pouvoir proposer aux candidats au départ des forfaits à prix réduit, incluant le contrat de voyage sur le bateau mais également leur transfert vers la côte. Cependant en 1849, le rail en est aux prémices de son développement à grande échelle : la ligne reliant Strasbourg à Paris ne sera inaugurée qu’à l’été 1852.

Les émigrants doivent donc encore s’arranger entre eux pour cette première partie du voyage, même si un contrat conclu avant le départ avec le représentant d’une compagnie maritime peut faciliter le parcours jusqu’à la côte. Alors c’est par la route que la famille Lombard gagnera Le Havre et il est certain qu’au service régulier des diligences, très au-dessus de ses capacités financières, elle aura préféré se joindre à un convoi allemand ou profiter des chariots revenant des manufactures de l’Est, le long de la route du coton.

Le trajet des Lombard sur la carte de France dressée par Pierre Tardieu, 1842 – Source : Gallica

Deux à trois jours en diligence, pas loin d’une quinzaine avec les chariots qui progressent quasiment à pas d’homme… mais pour une famille de sept personnes, le coût prohibitif des voitures publiques et le volume très limité des bagages qu’on peut y prendre avec soi fait que le choix n’en est pas vraiment un.

Fermer la porte

L’organisation est une chose, c’en est une autre que de fermer une dernière fois la porte sur un univers familier, avant de se retrouver happé par l’inconnu.

Quelle nostalgie a saisi les Lombard quand il a fallu brader ce qu’ils avaient pour n’emporter que le strict nécessaire ? Quelles pensées leur sont venues en parcourant les allées du cimetière pour une dernière visite à leurs morts ? Pour Jean Baptiste et Émélie, quels regrets à devoir laisser derrière eux Catherine, si récemment disparue ? Quelles émotions les ont saisis en embrassant pour la dernière fois le cercle des proches réunis pour les voir partir ? Quelles craintes les ont assaillis à quitter tout ce qu’ils connaissaient pour se précipiter vers tout ce qu’ils ignoraient ? Et au dernier instant, quelle hésitation fut la leur à franchir le pas décisif ?

Évidemment j’aime imaginer que mes voyageuses et mes voyageurs auront par-dessus tout été submergés par l’exaltation du départ, par l’impatience de découvrir ce nouveau monde décrit par les lettres de Georges, par le bonheur enfin de voir un rêve collectif se concrétiser. Ce que j’espère en réalité, c’est que l’émigration de la famille Lombard fut choisie et non subie et que des caractères bien trempés l’auront aidée à faire face aux multiples désagréments du périple vers l’Amérique.

Courage, mes gens, au bout du chemin se trouvent les quais de la Nouvelle-Orléans !

Émigrants alsaciens, gravure d’après le tableau de Schutzenberger – Source : Gallica

Pour aller plus loin :

Étienne MUSTON. Histoire d’un village. Imprimerie Barbier frères  à Montbéliard, 1882.

Mme M.-M. Kahan-Rabecq. La crise des subsistances dans le Haut-Rhin à la veille de la Révolution de la 1848. Revue d’Histoire du XIXe siècle, 1937.

Alfred LEGOYT. L’émigration européenne, son importance, ses causes, ses effets. Guillaumin et Cie, 1861.

Louis CHEVALIER. L’émigration française au XIXe siècle, Société d’histoire moderne et contemporaine, 1947.

Gustave CHANDÈZE. L’émigration, intervention des pouvoirs publics au XIXe siècle. Imprimerie Paul Dupont, 1898

Eusèbe Girault de Saint-Fargeau. Guide pittoresque, portatif et complet du voyageur en France. Firmin Didot, 1842

History of Ross and Highland Counties Ohio. Williams Bros. publishers, 1880

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